Archive pour la catégorie ‘Analyse de chanson’

Chants de mai

Samedi 17 juillet 2010

[Cette news est en fait une reprise d'une news de juillet 2009 !]

Quelques chansons sont venues s’ajouter sur le site.

A133 C’è l’djûdi d’ l’Ascinsion. André Souris donne une version très dynamique de cette chanson dans son Marchand d’images.

A134 Li djûdi d’ l’Ascinsion. L’attitude de Joseph qui veut se marier et parle de literie suit la coupe d’un dialogue très terre-à-terre. Attention ! Ramoner signifie couper des branchages. :=) On verrait très bien là un dialogue préexistant où l’on a permuté les prénoms avec ceux de Marie et Joseph.

A135 Trimousette (Champagne).

A136 Trimousette (Senny). Une note de passage change seulement. Le 4me membre de phrase et le 8me sont proches de « O filii et filiae ».

A130 Voici le mois de mai (Liège — Terry et Chaumont) et A132 Voici le mois de mai (Liège — Oscar Colson). Deux notations de la même mélodie. Aussi très dynamique chez André Souris.

A125 Voici le printemps (Cramignon de Liège). Autre chanson entraînante autour du printemps.

A131 Derrière la maison d’mon père. L’insistance sur les degrés 2-3-4 avec retour du demi ton rend cette mélodie très attachante.

Sont apparus aussi sur le site un Catalogue des sources (embryonnaire) et le toilettage de la Description du modèle de fiche pour aider à une meilleure compréhension de la notation choisie.

Quelques chansons sont venues s’ajouter sur le site.
<strong>A133</strong> <em><a href=» http://www.chansonsdewallonie.be/CHANSONS/Cestldjudi.pdf» >C’è l’djûdi d’ l’Ascinsion</a></em>. André Souris donne une version très dynamique de cette chanson dans son <em>Marchand d’images</em>.
<strong>A134</strong> <em><a href=» http://www.chansonsdewallonie.be/CHANSONS/Lidjudi.pdf» >Li djûdi d’ l’Ascinsion</a></em>. L’attitude de Joseph qui veut se marier et parle de literie suit la coupe d’un dialogue très terre-à-terre. Attention ! <em>Ramoner</em> signifie couper des branchages. :=) On verrait très bien là un dialogue préexistant où l’on a permuté les prénoms avec ceux de <em>Marie </em>et <em>Joseph</em>.
<strong>A135</strong> <em><a href=» http://www.chansonsdewallonie.be/CHANSONS/TrimousetteJS.pdf» >Trimousette</a> </em>(Champagne).
<strong>A136</strong> <em><a href=» http://www.chansonsdewallonie.be/CHANSONS/TrimousetteSy.pdf» >Trimousette</a> </em>(Senny). Une note de passage change seulement. Le 4me membre de phrase et le 8me sont proches de « O filii et filiae ».
<strong>A130</strong> <em><a href=» http://www.chansonsdewallonie.be/CHANSONS/Voicilemois.pdf» >Voici le mois de mai</a> <strong><span style=» font-style: normal;» ><span style=» font-weight: normal;» >et </span>A132 </span></strong><a href=» http://www.chansonsdewallonie.be/CHANSONS/VoicilemoisTC.pdf» >Voici le mois de mai</a></em> (Liège). Deux notations de la même mélodie. Aussi très dynamique chez André Souris.
<strong>A125</strong> <em><a href=» http://www.chansonsdewallonie.be/CHANSONS/Voicileprintemps.pdf» >Voici le printemps</a> </em>(Cramignon de Liège). Autre chanson entraînante autour du printemps.
<strong>A131</strong> <a href=» http://www.chansonsdewallonie.be/CHANSONS/Derrierelamaison.pdf» >Derrière la maison d’mon père</a>. L’insistance sur les degrés 2-3-4 avec retour du demi ton rend cette mélodie très attachante.
Sont apparus aussi sur le site un <strong><em>Catalogue des sources</em><span style=» font-weight: normal;» > (embryonnaire) et le toilettage de la </span><em>Description du modèle de fiche</em><span style=» font-weight: normal;» > pour aider à une meilleure compréhension de la notation choisie.</span></strong>

Quêtes de la Saint Grégoire (le 12 mars)

Mercredi 26 août 2009

Voici la quasi totalité, je pense, des chants connus pour la quête qui se faisait à la Saint Grégoire :

A0115 — St Grégoire, c’est aujourd’hui — À Biesme (Mettet—Entre-Sambre-et-Meuse)

Mitre des Grégoires

Mitre du Grégoire

A0137 — Nous bénissons tous — À Fosses (Entre-Sambre-et-Meuse)

A0135 — Nous bénissons tous — À Ver (Houyet—Vallée de la Lesse)

A0145 — C’est aujourd’hui la St Grégoire — À Boneffe (Éghezée—Hesbaye)

A0144 — La St Grégoire, c’est aujourd’hui — À Jodoigne, Waremme, Perwez (Hesbaye)

A0141 — Madame, nous venons vous voir — À Vyle-Tharoul (Condroz)

A0146 — Madame, madam’, j’viens annoncer — À Surlemez (Hesbaye)

Il y a bien quelques autres textes mais dont la musique n’est pas connue.

St Grégoire à Boneffe

St Grégoire à Boneffe

Rien dans les paroles ne permet de lier la St Grégoire du 12 mars —pour le pape Grégoire Ier 540-604— aux maîtrises des églises. Rappelons tout de même que les enfants qui en faisaient partie ont été pendant longtemps les seuls écoliers et que c’est Grégoire IV, pape de 827 à 844, qui semble avoir désigné St Grégoire comme patron des écoliers càd en plein essor du chant ecclésiastique.

On peut donc raisonnablement penser que la tradition est assez ancienne mais sans pouvoir le prouver mais, qu’à tout le moins, si c’est le cas, elle s’est intégrée au régime scolaire dès qu’il s’est généralisé. En effet, beaucoup de témoignages font une allusion directe au maître (l’instituteur) soit qu’il participe à l’organisation soit qu’il soit mis en cause par les enfants.

Ce qui semble se vérifier partout c’est qu’il s’agit de la fête du patron des écoliers et que les enfants considèrent cela comme un jour de congé scolaire auquel ils ont droit ; souvent cela suit l’assistance à la messe en début de journée. Probablement aussi, la fête était-elle destinée habituellement aux seuls garçons. Les écoliers quêtaient de maison en maison, collectant des ingrédients (farine, oeufs, lards) pour des pâtisseries, ou de la menue monnaie. La journée se terminait par la dégustation des crêpes (« vautes »), pistolets, pains perdus (« pans dorés »). Tous les chants comportaient une demande et des remerciements ; certains une malédiction, criée à ceux qui ne donnaient rien : « Aux pourris agnons ! », selon le dialecte de l’endroit …

Une bénédiction :
Al porchesse (*) de Saint Grégore
quèl bon Dieu vos avoye [envoie]
des gros agnons
comme li cul d’on vî tchaudron ! [d'un vieux chaudron]
[* ou pourchas, vieille expression pour quête. Hèye en pays de Liège.]

Et sa malédiction :
Des pourris canadas ! [Des pommes de terre pourries !]
Des pourris agnons !

En pas mal d’endroits, une petite comédie se jouait : l’instituteur était enfermé dans sa classe jusqu’à ce qu’il accorde le congé aux enfants ou leur promette des récompenses (repas le soir, boissons, …) Dans la région de Waremme, les premiers jours de mars, les enfants répétent cette demande :
Saint Grigorî,
patron des scolîs,
dinez-nos on djoû d’ condjî
. [Donnez-nous un jour de congé.]

Si la St Grégoire s’adressait habituellement aux garçons, les filles avaient droit à la Ste Catherine dont ils subsistent pas mal de chants (ce sera pour une prochaine brève ! voir Thisse-Derouette). En certains endroits, à Lincé (Sprimont) par exemple, elles se réservaient la Ste Gertrude qui suivait de peu (le 17 mars) la St Grégoire.

Grégoire de Vyle

«Grégoire*» à Vyle

Les circonstances connues pour Vyle-Tharoul sont intéressantes à plus d’un titre. Je peux les décrire assez largement par des témoins directs : certains enfants du disque du CACEF (voir partition) sont de la famille de ma belle-soeur tout comme l’est le « Grégoire » de la photo couleur ci-contre prise en ± 1973 [* Le rôle titre est tenu par Léonard Rappe].

C’est probablement un des derniers endroits où on a fêté la St Grégoire, vraisemblablement jusqu’en ± 1975. Elle concernait les petits de l’école communale (les 5-6 ans). Le costume est très particulier, je n’en connais pas de semblable. Habituellement, un enfant (tous à Boneffe, photo ci-dessus) portait une mitre en carton couverte de rubans, fleurs en papier, images pieuses (voir l’autre photo N/B). Ici, il s’agit d’un costume du type fakir, avec turban à aigrette, boléro à sequins et pantalon bouffant entièrement jaune sur un gilet blanc. Le visage était bronzé par grimage. Ce costume semblait habituel, rangé pour l’année suivante et non un simple travestissement comme en d’autres fêtes. Il serait intéressant de voir si ce costume a existé en d’autres lieux. Les enfants y utilisaient un panier en osier pour les cadeaux (oeufs, sous, bonbons) En d’autres lieux, il y avait parfois un panier pour les oeufs, un sac pour les autres dons, une bourse pour les sous.

Dans une prochaine brève, quelques renseignements supplémentaires et une comparaison des mélodies.

Sources utilisées :

- Baron de Reinsberg-Düringsfeld, Traditions et légendes de la Belgique, t. 1, 1870
- Revue Wallonia, t. II [1894], 41-47 et 102-103 et t. VIII [1900], 39-40
- Rose Thisse-Derouette, Survivances de rites anciens dans des chansons enfantines, 1962
- Roger Pinon, Notre folklore, 1974
- CACEF, Anthologie du folklore wallon, Fêtes de l’année, vol. I, B8, 1975

Nouveaux au 14 juillet [Salut les frenchies !]

Mardi 14 juillet 2009

Nouvelles chansons de ces derniers jours :

A126 Am’ton, vinèz par ci Une des incantations aux animaux comme il y en avait beaucoup et qui doivent aussi remonter assez loin dans l’histoire de l’humanité, sous des formes très diverses. Ici, à l’adresse du hanneton.

A138 Ahier au soir Je reviendrai sur ce chant qui a des cousins dans la francophonie.

A140 Voici le mois de mai Autre chant de mai, entraînant lui aussi, dont la parenté est évidente avec les précédents (voir billet du 5 juillet). Il témoigne de la forte présence de cette tradition dans le nord français en correspondance directe avec le sud wallon.

A139 Le premier jour de mai Parenté évidente aussi pour cette version du Brabant, une région moins souvent répertoriée pourtant.

A137 Nous bénissons tous St Grégoire

A141 Madam’, nous venons vous voir.

Avec ces deux chants, il s’agit de chants de quête moins connus mais bien représentés, à savoir pour le 12 mars qui est la St Grégoire. Un enfant se déguise en évêque avec une mitre de carton, ornée de rubans multicolores et qui emmène les autres enfants pour un tour du village, espérant recevoir oeufs, lait, farine, … Cette fête était celle des écoliers en de très nombreuses régions, avec l’accord et, parfois, la collaboration du maître d’école.

Cette fête, essentiellement une quête, pourrait-elle se rattacher au milieu des maîtrises des cathédrales ? En effet, longtemps, les écoles ont surtout été celles gérées par le chapitre des églises pour les chants de la liturgie. Certaines pratiques peuvent le laisser deviner qui voient l’enfant-évêque doté de certains pouvoirs. Cela pouvait aller, au début du XXme siècle, jusqu’à commander au maître d’école. On est là proche des pratiques qui sévissaient lors de la fête des St Innocents (le 28 décembre), souvent anticipée à la St Nicolas (6 déc.) et habituellement prolongée jusqu’aux Rois Mages de l’Épiphanie (6 janvier), parfois avec des excès réprouvés par l’église (par ex., la Fête des fous, la messe de l’âne, …). On voit aussi, au XXme siècle, dans la région de Namur notamment, le petit St Grégoire « se choisir une femme » qui devait, ainsi que la propre mère du St Grégoire, cuire des omelettes et des gaufres pour tous les enfants …

Le lien n’est pas direct et, donc, il faudrait creuser davantage, même si St Grégoire était le patron des petits chanteurs puisqu’on lui attribuait la création de la première schola.