Archive pour juillet 2009

Nouveaux au 14 juillet [Salut les frenchies !]

Mardi 14 juillet 2009

Nouvelles chansons de ces derniers jours :

A126 Am’ton, vinèz par ci Une des incantations aux animaux comme il y en avait beaucoup et qui doivent aussi remonter assez loin dans l’histoire de l’humanité, sous des formes très diverses. Ici, à l’adresse du hanneton.

A138 Ahier au soir Je reviendrai sur ce chant qui a des cousins dans la francophonie.

A140 Voici le mois de mai Autre chant de mai, entraînant lui aussi, dont la parenté est évidente avec les précédents (voir billet du 5 juillet). Il témoigne de la forte présence de cette tradition dans le nord français en correspondance directe avec le sud wallon.

A139 Le premier jour de mai Parenté évidente aussi pour cette version du Brabant, une région moins souvent répertoriée pourtant.

A137 Nous bénissons tous St Grégoire

A141 Madam’, nous venons vous voir.

Avec ces deux chants, il s’agit de chants de quête moins connus mais bien représentés, à savoir pour le 12 mars qui est la St Grégoire. Un enfant se déguise en évêque avec une mitre de carton, ornée de rubans multicolores et qui emmène les autres enfants pour un tour du village, espérant recevoir oeufs, lait, farine, … Cette fête était celle des écoliers en de très nombreuses régions, avec l’accord et, parfois, la collaboration du maître d’école.

Cette fête, essentiellement une quête, pourrait-elle se rattacher au milieu des maîtrises des cathédrales ? En effet, longtemps, les écoles ont surtout été celles gérées par le chapitre des églises pour les chants de la liturgie. Certaines pratiques peuvent le laisser deviner qui voient l’enfant-évêque doté de certains pouvoirs. Cela pouvait aller, au début du XXme siècle, jusqu’à commander au maître d’école. On est là proche des pratiques qui sévissaient lors de la fête des St Innocents (le 28 décembre), souvent anticipée à la St Nicolas (6 déc.) et habituellement prolongée jusqu’aux Rois Mages de l’Épiphanie (6 janvier), parfois avec des excès réprouvés par l’église (par ex., la Fête des fous, la messe de l’âne, …). On voit aussi, au XXme siècle, dans la région de Namur notamment, le petit St Grégoire « se choisir une femme » qui devait, ainsi que la propre mère du St Grégoire, cuire des omelettes et des gaufres pour tous les enfants …

Le lien n’est pas direct et, donc, il faudrait creuser davantage, même si St Grégoire était le patron des petits chanteurs puisqu’on lui attribuait la création de la première schola.

La musique vieille comme le monde

Mardi 7 juillet 2009

J’ai été très heureux, le 13 juin, de suivre sur Arte une émission de Bernard Favre sur Les origines du langage.

Langage

Langage

À l’aide d’interviews et d’animations, le réalisateur explique que le langage est apparu non pas chez l’homo sapiens (± 100 000 ans) mais bien avant chez l’homme de Neanderthal (± 250 000 ans).

Depuis quelques temps, on datait le passage du singe à l’homme grâce à la possibilité de celui-ci de mélodiser sa voix (entr’autres — chacun pense au type de voix qu’une mère utilise face à son bébé) suite au développement de la partie frontale de son cerveau.

Par des interviews et des animations, Bernard Favre met en valeur que les mêmes zones identifiées pour le langage à l’aide de mots peuvent produire une mémorisation d’un ensemble de gestes, la parole étant à ce moment un geste perfectionné.

Je le lis avec d’autant plus de satisfaction que j’ai toujours accordé une importance primordiale, dans ma pédagogie, spécialement avec les 5-8 ans, à la liaison du geste au son (voir ma page d’accueil) par la phonomimie (accompagner les sons de gestes) et à leur jonction aux origines du langage (voir mon article en cours de rédaction sur les traditions oralo-gestuelles). Conviction qui m’avait poussé à transformer la phrase bien connue Le rire est le propre de l’homme (autre trace d’humanisation) en Le propre de l’homme est de singer le monde (avec la provocation incluse que quiconque se fait « singe » se fait plus homme).

La musique vieille comme le monde veut signifier, à ma façon, que l’aube de l’une se superpose à l’aube de l’autre si on veut admettre ce raccourci que le monde commence spécialement avec l’éveil de l’humain.

Flûte au paléolithique

Flûte au paléolithique

Une autre découverte vient d’amener de l’eau à mon moulin à savoir la découverte en 2008 (publication le 24 juin 2009 dans le magazine Nature) d’une flûte en ivoire vieille de 36 000 ans à Hohle Fels (près d’Heidelberg, en Souabe), endroit qui a donné aussi une Vénus de 40 000 ans.

Elle atteste d’une pratique musicale dès le paléolithique supérieur. C’est le plus vieil instrument de musique connu actuellement.

N’oublions pas non plus que l’ouïe est le premier sens à se développer chez l’embryon.